mercredi , 4 août 2021

Vincent Rouaix, Inetum: «Dans notre course à la taille, la croissance externe reste une option»

Le P-DG d’Inetum détaille le plan stratégique UPSCALE23 visant à développer l’influence de l’ESN dans le monde et favoriser des alliances technologiques comme celle renforcée avec Google Cloud.
Les plans stratégiques d'Inetum illustrent son désir croissant et construit d'expansion
Les plans stratégiques d’Inetum illustrent son désir croissant et construit d’expansion

Inetum évolue sur de multiples fronts au-delà du changement de nom. L’ex-GFI opère sa propre transformation qui fait partie de nouvelle stratégie pluriannuelle.
L’entreprise de services numériques (ESN) a développé une expertise multi-sectorielle (retail, transport, secteur public, assurance…), multi-thématiques (industrie, cybersécurité, workplace, ERP…) et une approche multi-partenaires technologiques pour poursuivre sa croissance en France et son expansion internationale, qui pèse désormais 60% de son business global.
Pour rebondir à la sortie de la crise Covid-19, Inetum a engagé son nouveau plan stratégique UPSCALE23 qui repose sur 5 axes :
– renforcement sur le mid-market (ETI);
– capacités et solutions «de nouvelle génération», en particulier dans le cloud, l’automatisation et l’analyse des données;
– pénétration sur de nouveaux marchés géographiques;
– augmentation des marges en accentuant la mise à l’échelle des ressources IT et l’industrialisation des processus;
– consolidation du marché, susceptible de passer par de la croissance externe.
L’application de cette stratégie passe aussi par le renforcement de 6 thématiques d’expertise : le consulting, les services applicatifs et d’infrastructures, l’intégration système, le global outsourcing, le déploiement VAR (value added reselling) à travers des partenariats, et la poursuite de l’innovation logicielle à travers la R&D.
Interviewé par Place de l’IT, Vincent Rouaix, P-DG d’Inetum, en développe les principaux points.

Focus ESN : Vincent Rouaix, P-DG d'Inetum
Vincent Rouaix, P-DG d’Inetum, aborde la stratégie UPSCALE23.

Place de L’IT : Sur quels fondements s’appuie le nouveau plan stratégique d’Inetum sur trois ans?

Vincent Rouaix: Notre précédent plan stratégique a pris fin en 2020. Il a abouti à une recomposition du périmètre du groupe avec un poids plus important des activités à l’international.
La France demeure notre navire amiral, elle représente encore 40 % des activités et de notre chiffre d’affaires global (2,3 milliards d’euros en pro forma en 2020), devant l’Espagne (600 millions d’euros) et la Belgique (300 millions d’euros). Avec la crise Covid-19, la France a été le pays le plus impacté chez Inetum. cependant, nous avons observé une belle dynamique de rebond sur les quatre premiers mois de 2021.
Avec ce plan stratégique, nous voulons redonner une impulsion afin d’étendre cette empreinte vers d’autres plaques géographiques comme l’Europe de l’Est, l’Afrique ou l’Amérique latine.
Grace à notre portefeuille clients, la croissance demeure portée par les grands comptes que nous accompagnons à l’international. Toutefois, nous allons aussi accélérer sur le segment des entreprises de taille intermédiaire (ETI).
D’un point de vue technologique, Inetum va démultiplier les offres de nouvelle génération, notamment portées par nos partenaires globaux comme Microsoft, Google, AWS, SAP, Oracle ou Salesforce, et leur intégration. Dans ce nouveau plan, il est prévu de développer les ventes à l’international de nos propres solutions pour le secteur de l’assurance et celles dédiées à l’échange de documents ou à la lutte anti-fraude.
Le recours au nearshoring va également prendre de l’ampleur, davantage que l’offshoring. Cette tendance est plus appréciée au niveau de la zone Euro avec nos implémentations en Espagne, au Portugal, en Roumanie, en Pologne et au-delà avec la Tunisie et le Maroc.
Pour remonter encore dans la chaîne de valeur, nous avons également établi une stratégie sur le conseil qui va s’étendre au niveau international: transformation digitale ou métiers, données, intelligence artificielle, cloud, low code/ no code et cybersécurité.

Pourquoi Inetum prête-t-elle une attention particulière au marché des ETI?

D’abord, le segment ETI représente 25% du CA du groupe.
Ce marché a beaucoup évolué, porté par le sujet de la transformation digitale, désormais traité au niveau des dirigeants.
Les projets multi-sectoriels accordés au digital avec des budgets conséquents concernent la transformation des systèmes historiques et l’intégration de nouvelles solutions business pour la supply chain, le commerce ou encore l’industrie 4.0.
Inetum a une réelle carte à jouer. La Belgique, un marché composé de beaucoup d’ETI, a bien performé sur ce segment en 2020. Et cette tendance se confirme en 2021.

Quelles sont les grandes tendances des projets IT à la sortie des déconfinements?

Face à la situation de crise, les grands comptes se sont redonné des marges de manœuvre sur l’efficience et la résilience de leurs systèmes informatiques en place (legacy), tout en investissant sur les plateformes qui soutiendront le business de demain.
On observe également une reprise de projets qui avaient été ralentis par la crise et une accélération des usages et des réflexions sur la data et l’intelligence artificielle. L’an dernier, les arrêts ou suspensions de projets ont été liés à des réductions budgétaires temporaires. Le paradigme de la transformation est toujours valable.

L’application du plan stratégique passera-t-elle par des nouvelles opérations de croissance externe importante comme celle de IECISA en Espagne?

Oui. Pour réaliser notre plan visant à atteindre un CA de 3 milliards d’euros d’ici 2023, nous intégrons une dynamique de croissance externe basée sur de petites opérations.
La course à la taille est poussée par une contingence simple: la nécessité d’investir sur les outils de production comme les centres industriels et sur l’innovation et la capacité de volumes d’opérations que nous sommes en mesure d’appréhender.
La croissance externe est une option que nous nous réservons pour consolider nos positions en Espagne, en Allemagne ou en Italie. Et pour monter des opérations plus ambitieuses sur les plaques d’extensions dans les pays d’Europe du Nord, l’Afrique, l’Amérique latine et dans l’Europe de l’Est.

Comment interpréter “l’alliance stratégique” annoncée avec Google Cloud? Google devient-il votre partenaire de référence dans le cloud?

Aujourd’hui, notre taille nous permet d’ériger des partenariats majeurs avec les gros acteurs du cloud. Nous sommes ravis de cette alliance, mais elle s’inscrit dans notre volonté de travailler avec les principaux hyperscalers: Google, mais aussi Microsoft ou AWS. Nous gardons notre écosystème autour des datacenters qui intègre aussi des acteurs plus ciblés comme OVH.
Il faut également y percevoir une volonté de maintenir une pluridisciplinarité dans nos solutions en raison de la dynamique multicloud de nos clients grands comptes.

Dans quelle mesure êtes-vous intéressé par la stratégie nationale pour le cloud présenté par le gouvernement le 17 mai?

Nous nous inscrivons dans les démarches de cloud de confiance en France et de cloud souverain en Europe poussées par les différents gouvernements. En qualité d’éditeur de solutions logicielles pour les collectivités territoriales, nous sommes en mesure de leur apporter des solutions d’externalisation.
A ce titre, la stratégie du gouvernement avec le label cloud de confiance nous intéresse.
Avec Inetum et ses 11 000 collaborateurs en France, nous sommes en mesure d’apporter des réponses structurées. La transformation numérique de l’Etat devrait apporter des opportunités.
Le secteur public est devenu le plus important, pour nous puisque nous y réalisons 29% de notre chiffre d’affaires global aujourd’hui.

Les axes de l’accord
Inetum – Google Cloud:

Le 11 mai, Inetum a annoncé « un renforcement majeur de son partenariat » avec Google Cloud, qui passe par plusieurs étapes :

  • un partenariat global sur la zone Europe du Sud ;
  • un plan de certification des collaborateurs ;
  • une extension des capacités autour des plateformes APIgee, AppSheet, Anthos et BiqQuery;
  • une augmentation des capacités de (co-)innovation, de services et de solutions logicielles sur la marketplace de Google Cloud ;
  • développement d’offres verticales spécifiques ;
  • partenariat renforcé avec Google Workspace, la suite collaborative de Google.

 

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