lundi , 20 septembre 2021

Gil Pekelman, Atera : «Nous voulons faire d’Atera l’OS du système d’information.»

Atera lève 77 millions de dollars et muscle sa plate-forme de gestion à distance du système d’information. Entretien avec Gil Pekelman, cofondateur et CEO.
Les cofondateurs d’Atera: Gil Pekelman (CEO) et Oshri Moyal (CTO) - (Photo: Gili Levinson)
Les cofondateurs d’Atera: Gil Pekelman (CEO) et Oshri Moyal (CTO)- Photo: Gili Levinson.

En septembre dernier, Place de l’IT dressait le portrait d’Atera et soupçonnait une levée de fonds imminente. A n’en pas douter, le confinement et le travail à distance ont poussé les investisseurs à s’intéresser de près aux solutions cloud de gestion à distance des infrastructures (et les éditeurs de logiciels à accélérer le déploiement de leurs solutions en mode cloud…).
Depuis, Atera a réalisé deux levées de fonds. En février 2021, le fonds d’investissement californien K1 Capital Management a apporté 21 millions de dollars au capital (série A). L’éditeur a alors annoncé que sa plate-forme SaaS gérait déjà plus d’un million d’appareils à travers le monde. Le 28 juillet 2021, un tour de table de 77 millions de dollars (série B) a été bouclé auprès de K1 Capital et du fonds new-yorkais General Atlantic. Ces levées portent la valorisation d’Atera à près de 500 millions de dollars.
Depuis 2016, cette startup israélienne propose une solution en mode Saas pour la gestion de parc informatique à distance (RMM ou Remote Monitoring Management) et l’automatisation des services professionnels (PSA ou Professional Services Automation). La PSA est composée d’outils de suivi du personnel d’un fournisseur de service en ligne (MSP ou Managed Services Provider), d’attribution automatisée des tâches aux équipes, d’enregistrement du temps passé (envoyées à la facturation), de création de niveaux de services dans les contrats, de suivi de ces contrats, etc.
Outre la richesse fonctionnelle de l’offre, Atera se distingue également par une approche tarifaire audacieuse et originale: l’entreprise cliente acquitte uniquement un abonnement mensuel par technicien accédant à la plate-forme, indépendamment du nombre de terminaux à gérer. Une dépense de fonctionnement sans surprise, prévisible, et appréciable.
A l’occasion de cette levée de fonds, Place de l’IT a rencontré Gil Pekelman, CEO et cofondateur d’Atera, pour faire le point sur les évolutions de l’offre et les ambitions de cette startup prometteuse.

Atera: une solution complète de gestion du parc informatique (cloud compris), sur site ou en mobilité.
Atera: une solution complète de gestion du parc informatique (cloud compris), sur site ou en mobilité.

Place de l’IT: Depuis notre rencontre en septembre 2020, Atera est passée à la vitesse supérieure…

Gil Pekelman: Depuis notre dernière rencontre avec Place de l’IT, Atera a bien évolué. Nous avons fortement investi dans le développement du produit. Et la levée de fonds de 25 millions de dollars en février 2021 nous y a aidés.
Nous avons augmenté le nombre de nos clients et donc logiquement de données collectées sur notre plate-forme. Or, plus notre plate-forme gère de données, plus le système devient performant et capable d’automatiser de façon pertinente des actions, et de prédire des comportements ou des événements.
Lors de notre dernière entrevue, nous venions juste d’arriver en France. Depuis, de plus en plus de clients français s’intéressent à nos solutions. Et cette croissance rapide est identique à celle que nous pouvons enregistrer aux États-Unis. La France est le pays qui enregistre la seconde croissance la plus importante pour Atera, après le Royaume-Uni.
Nous avons noué des partenariats avec plus d’éditeurs encore afin de faciliter les intégrations avec notre plate-forme, dont Bitdefender pour la sécurité, Acronis pour la sauvegarde, ou encore AnyDesk pour l’accès à distance aux postes de travail.
Par ailleurs, nous avons créé une communauté d’utilisateurs permettant à nos clients de partager des scripts ou des librairies, que nous testons avant de les mettre à disposition. Fin juillet, plus de 500 scripts étaient déjà en ligne. Tous ces éléments de la communauté sont évalués par les utilisateurs qui peuvent attribuer une note, et nous mentionnons le nombre de téléchargements.

Gil Pekelman, cofondateur et CEO d’Atera (Photo: Gili Levinson)
Gil Pekelman, cofondateur et CEO d’Atera (Photo: Gili Levinson)

Quelles améliorations avez-vous apportées à votre plate-forme de supervision du parc informatique?

Nous avons automatisé la gestion des tickets, avec une remontée d’incident vers un traitement automatisé automatique lorsque cela s’avère pertinent, jusqu’à la clôture de l’incident. Les API Atera sont également à disposition des utilisateurs ou des prestataires pour connecter la plate-forme à d’autres systèmes si nécessaires. Et éventuellement intégrer un système de tickets externe.
Nous avons également amélioré notre moteur de recherche qui permet désormais de réaliser une requête sur toute la plate-forme : adresse IP, nom d’ordinateur ou de périphérique, etc.
Autre innovation, notre nouvelle application mobile a été conçue pour proposer en mobilité tout ce qu’il est possible de faire à partir d’un ordinateur de bureau.
Enfin, notre nouvelle interface utilisateur est désormais disponible partout. Plus sophistiquée et encore simplifiée, elle propose une ergonomie innovante et séduisante. D’après les premiers retours des utilisateurs, elle s’avère plus facile à utiliser que la précédente.

Fin juillet, vous avez séduit un deuxième investisseur de renom…

Avec 102 millions de dollars levés, Atera est valorisée près d‘un demi-milliard de dollars. Notre deuxième investisseur, le fonds new-yorkais General Atlantic, n’investit jamais à la légère. Chaque année, il sélectionne un millier d’entreprises qui lui semblent intéressantes, et il en choisit une douzaine, comme Atera.
General Atlantic finance des entreprises auxquelles il croit réellement, pour favoriser leur croissance et leur expansion. Il ne s’agit pas uniquement de financement, mais aussi d’accompagnement par ses spécialistes qui connaissent les marchés et les technologies: consultants, experts sectoriels, R&D, service client, marketing dans différents pays, RH, support… Ainsi, ils nous aident également à améliorer notre R&D et à recruter les développeurs pour simplifier encore notre solution. Nous bénéficierons également de leur expertise pour la relation et les clients et le support. Sans oublier leur éclairage indispensable concernant le marketing dans les nombreux pays où nous sommes présents.

Après ces financements, l’entrée en bourse (IPO) est-elle déjà envisagée?

Notre objectif est clairement de devenir l’OS pour les systèmes d’information: matériel, logiciels, réseaux, cloud… désormais, nous disposons des finances permettant d’accélérer aussi bien pour améliorer et enrichir notre offre que pour développer notre écosystème nos partenariats.
Certes, l’entrée en bourse représente effectivement une étape sur le chemin. Cependant, la route est clairement tracée: devenir un OS pour les systèmes d’information.

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