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Jonathan Allen – AWS: 7 stratégies de migration cloud et vision multicloud

Jonathan Allen, Enterprise Strategist and Evangelist chez AWS
Jonathan Allen, Enterprise Strategist and Evangelist chez AWS

Jonathan Allen a rejoint Amazon Web Services (AWS) au poste d’Enterprise Strategist and Evangelist en mai 2017 pour échanger et partager avec les responsables technologiques des entreprises sur leur stratégie cloud.
Auparavant, Jonathan occupait la fonction de directeur technique pour la banque américaine Capital One (responsable d’une équipe de 300 ingénieurs), où il a mené un projet stratégique de migration vers le cloud sur AWS, avec adoption de la démarche DevOps. De passage à Paris, il a accordé une interview à Place de l’IT.

Place de l’IT : Apparemment les gains économiques restent le principal levier dans le choix du cloud…

Jonathan Allen: Dans la décision de migrer vers le cloud, le coût reste un élément très important pour les entreprises. D’ailleurs, la comparaison des coûts après migration montre une économie de 30% en moyenne avant optimisation et de plus de 50% après optimisation. La plateforme cloud et la façon dont elle est conçue incarnent aussi un réel levier fonctionnel et économique permettant d’augmenter les bénéfices immédiats et futurs de l’entreprise.

Chez AWS, accompagnez-vous l’entreprise pour repérer quels sont les éléments à migrer dans son système d’information?

Après avoir évalué la pertinence de la migration, le service AWS Application Discovery Service se connecte à toutes les machines virtuelles (VM) et services du système d’information afin de cartographier le portfolio applicatif concerné. Et il est aussi possible d’intégrer un serveur isolé. Les partenaires peuvent contribuer comme New Relic ou AppDynamics…Tous ces résultats et ces mesures sont chiffrés et stockés sous AWS S3. Il devient alors possible de déterminer les chances de reproduire un fonctionnement et des performances au moins identiques, de détecter toutes les optimisations possibles ou encore de ne pas reproduire de mauvaises pratiques (stockage inutile, copies stériles, etc.).

Presque tous les chemins mèneraient-ils vers le cloud?
Presque tous les chemins mèneraient-ils vers le cloud?

Pouvez-vous nous préciser les diverses formes de migration?

Après plusieurs années d’expérience auprès de divers clients avec différentes problématiques de migration, AWS a déterminé 7 stratégies de migration. [NDLR : En fait AWS en définit 6, mais J. Allen ajoute la migration par réallocation de VM].
Le rehosting (ré-hébergement aussi appelé ”Lift and Shift”) consiste à utiliser l’infrastructure cloud pour y transférer le système d’exploitation et les applications en l’état, sans rien modifier. Ce type de migration est très sollicité et permet aussi d’optimiser par la suite l’exploitation voire d’aller plus loin avec les technologies cloud. La réallocation de machine virtuelle (de type VMware) vers le cloud peut représenter aussi une migration de ce type, où l’entreprise se contente de déplacer ses machines virtuelles vers le cloud, sans rien modifier.
Le replatforming va au-delà du rehosting puisqu’il s’agit de profiter de cette migration pour utiliser des fonctions ou services cloud visant à apporter quelques changements bénéfiques à l’application. Par exemple, automatiser des tâches importantes en les remplaçant par des services ou fonctions cloud. Bien entendu, des phases de tests restent indispensables avant la mise en production.
Le repurchasing (rachat) consiste à adopter un SaaS pour remplacer une application sur site, comme Workday pour gérer les ressources humaines. Cela peut être aussi initié via la marketplace d’AWS.
Le refactoring (ou rearchitecturing, remaniement ou réusinage du code) incarne la volonté “Cloud First” consistant à réécrire une application pour qu’elle fonctionne sur cloud et soit plus performante, plus évolutive et agile. L’entreprise profite alors de tous les avantages et services existants de la plateforme AWS, d’une forte automatisation et de toute l’innovation continue. Enfin, elle peut adopter une approche DevOps de mises à jour et à disposition continues.
La mise hors service (Retire) d’applications ou services inutilisés est aussi une forme de migration (ou non-migration)… Enfin, l’entreprise peut choisir la conservation (Retain) d’applications qu’elle n’estime pas devoir migrer pour diverses raisons.

Comment obtenir une cartographie des services à migrer et adopter une démarche efficace?

Un audit des services et applications qui s’exécutent dans le système d’information de l’entreprise permet de générer des recommandations et de déterminer les migrations qui présenteraient le plus d’intérêt. Ainsi, le spécialiste énergétique italien Enel (fournisseur de gaz et électricité pour 61 millions de clients) économise 21% de coûts sur la puissance de calcul [serveurs] et 60% des coûts de stockage pour les applications qu’il a migrées sur AWS.
L’AWS Migration Acceleration Program aide les entreprises à cartographier leur existant pour établir des estimations de charge et de coût et à repérer les éléments à ne pas reproduire (comme du stockage ou des copies inutiles). Cette méthodologie, conçue avec nos équipes Professional Services en collaboration avec des partenaires, permet de dresser un état des lieux et de définir un plan de migration structuré. L’occasion également d’optimiser l’existant et d’initier un cycle d’amélioration continue dans la structure cloud.

Comment AWS se positionne-t-elle dans la tendance multicloud?

C’est le client qui choisit. Il  est libre de s’orienter vers telle architecture ou une autre. A nous de tout faire pour mériter sans cesse sa confiance. Lors de nos discussions, les DSI mentionnent en effet leur souhait de recourir à plusieurs fournisseurs de cloud. Lorsqu’il s’agit de passer à la pratique, ils abandonnent souvent cette voie et finissent par choisir un unique fournisseur de cloud. Or nous constatons que, dans 99% des cas, le choix prédominant reste AWS.
Le multicloud implique l’utilisation de plusieurs outils différents et donc des formations spécifiques pour chaque environnement. D’où l’importance de choisir plutôt une plateforme majeure. D’autres raisons sont également avancées en faveur d’un choix unique. Les plateformes n’offrent pas toutes les mêmes niveaux de service, le multicloud oblige donc souvent à se contenter du plus petit dénominateur commun. Enfin, un unique fournisseur favorise les négociations sur le volume.
La National Australian Bank (NAB) a migré plus de 400 workloads sur le cloud AWS, et a choisi les formations AWS pour 4000 employés, aussi bien débutants que professionnels (architecture, sécurité, développeurs, opérations et Big Data). Elle mise sur AWS pour l’accompagner jusqu’au bout dans sa transformation digitale.